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2011-05-06 Et la Bulgarie renonça aux corvettes françaises

Alexandre Lévy, Western Balkans

Des responsables français en armement ont certainement suivi le départ du Druzki, la frégate un peu vétuste que Sofia vient d'envoyer au larges des côtes libyennes dans le cadre de l'opération alliée contre le régime de Kadhafi. Car le Druzki aurait pu être une corvette de classe Gowind, l'une des quatre que la France comptait vendre à la Bulgarie au prix d'un milliard de dollars US - soit pratiquement le double du budget annuel de la défense dans ce pays. Qu'est-ce qui a fait capoter ce "contrat du siècle" inclus dans l'ambitieux partenariat stratégique entre les deux pays signé par Nicolas Sarkozy à Sofia, le 4 octobre 2007, quelques semaines après l'euphorie de la libération des infirmières bulgares?

A lire les télégrammes diplomatiques américains de cette époque, révélés par les sites Bivol et BalkanLeaks , les partenaires locaux de WikiLeaks (cf. infra), il apparaît que les Bulgares ont surtout voulu temporiser, soufflant le chaud et le froid, dans le but de ne pas froisser Paris qui a joué un rôle actif dans la libération des infirmières. Beaucoup de responsables bulgares, y compris des militaires de haut rang, ne sont pas dupes : ils considèrent dès le départ cette acquisition comme vouée à l'échec, ces corvettes françaises dernier cri étant considérées comme un luxe inutile pour la marine bulgare.

Mais, plus que tout, la lecture de ces câbles illustre les efforts que Washington déploie pour dissuader les Bulgares d'honorer ce contrat contraire, selon eux, aux intérêts stratégiques de Sofia. Et surtout, des Etats-Unis, qui font un intense lobbying en faveur de l'achat par la Bulgarie de matériel américain d'occasion - notamment des avions de combat multifonctions.

Réformes bulgares, opportunités américaines

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